samedi 1 avril 2017

[CHRONIQUE #7] Le cercle des canailles - Tome 1 : Le Flambeur // Sarah MacLean

                           Une romance historique addictive, aussi passionnante que passionnée                         


Auteur : Sarah MacLean ||
Date de parution : 2012 ||
Édition : J'ai Lu - Pour Elle ||
Genre : Romance | Historique |
Pages : 377 ||
Prix : 6.95€ ||




"Une lueur s'alluma dans les beaux yeux bleus de la jeune femme, une lueur dont il risquait de devenir dépendant. Espoir. Bonheur. Il se sentait incroyablement heureux d'en être à l'origine."






"Après avoir tout perdu aux cartes, le jeune et naïf marquis de Bourne a juré de prendre sa revanche. Neuf ans plus tard, il a refait fortune et, à la tête d'un club, plume sans pitié des pauvres diables tenaillés par le démon du jeu. Toutefois, il n'a pas récupéré son domaine ancestral, Falconwell, dont son ex-voisin est désormais propriétaire. Lorsque celui-ci annonce que ces terres font partie de la dot de sa fille, Bourne décide, sans éprouver le moindre état d'âme, d'épouser Pénelope. Qu'elle le veuille ou non. Et pour ce faire, il n'hésite pas à la compromettre... bien qu'elle soit son amie d'enfance."



"Il l'avait épousée pour récupérer ses terres et rien d'autre. Et peu importait qu'il lui ait fait découvrir des sensations physiques dont elle ignorait l'existence, car, en définitive, ce mariage n'était ni plus ni moins celui auquel elle avait été préparée dès l'enfance : un mariage de raison."

     Il faut savoir que ce roman est la première romance historique que je n'ai jamais lu de ma vie. Outre le fait que je suis une grande fan des romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë, j'ai toujours été assez réticente aux romances historiques comme celle que je vous présente aujourd'hui. Le simple fait que les romans soient associés aux romances types des éditions Harlequin m'a toujours tenue éloignée de ce genre de littérature. Comme beaucoup, j'ai longtemps été l'esclave de cette hiérarchie stupide qui donne plus ou moins de légitimité à un livre selon son genre et sa maison d'édition. Cependant en m'intéressant à la littérature de manière plus approfondie et en arrivant sur la blogosphère littéraire je me suis très vite rendue compte que cette classification était absolument stupide et qu'elle n'était là que pour conforter les puristes dans leur idée surfaite de la "bonne" littérature. 
C'est à la suite d'une vidéo de Marinette and Books, grande lectrice de romance historiques, que j'ai acheté ce roman après être tombée dessus au cours de mes recherches sur le genre. J'ai mis quelques mois avant de sortir le premier tome de la saga de Sarah MacLean de ma PAL, j'ai fini par le lire à la suite d'un gros pavé de quelques mille pages comme j'aime à le faire avec les romances ou autres lectures plus légères. 

     N'étant pas une adepte du genre littéraire, je ne pouvais qu'être surprise par ma lecture. Et il faut avouer que la surprise fut au rendez-vous même si la simple lecture de la quatrième de couverture laissait peu de doute quand au plaisant voyage que m'offrirai l'histoire. Dans Le Flambeur on rencontre un jeune homme du nom de Michael Bourne qui, dès le début du roman, perd tout son héritage, argent ainsi que terres, suite à une main malheureuse aux cartes. Il se retrouve donc sans argent ni biens avec pour seule distinction son titre de marquis. Sa soif de vengeance va alors prendre une telle ampleur que lorsque celui-ci sera complètement refait, plus riche même qu'avant sa perte, il ne trouvera pas la satisfaction. Michael va alors chercher à récupérer le manoir de Falconwell, où il a grandi à tout prix. Pénelope, une jeune fille en âge de se marier va voir le manoir si cher à Bourne s'ajouter à sa dot ; le marquis va alors tout faire pour obtenir la main de son amie d'enfance et ainsi avoir Falconwell en sa possession. Mais pour épouser Pénelope, Michael n'a pas choisi de lui faire la cour, il passera par des chemins plus détournés qui ne laisseront à Pénelope aucun autre choix. 

     Très vite, je suis tombée en amour pour le personnage de Michael Bourne, un jeune homme élevé comme un gentleman et qui en a gardé toute l'apparence mais qui est en fait un véritable mauvais garçon sans grande morale comme je les aime. Au fil du roman, on en apprend plus sur son passé et sa véritable nature et je ne pouvais que fondre devant tant de nuances contradictoires qui faisaient toute l'intelligence et la complexité du Marquis. Sarah MacLean nous propose un personnage plein de remords mais toujours très attaché à son passé ce qui rend sa faiblesse encore plus grande, il est très vulnérable tant il est passionné et c'est ce qui le rend si captivant. Certes, on croise souvent des personnages semblables à Michael dans les romances et surement aussi dans les romances historiques mais le contexte et la plume de l'auteur ont brillamment réussi à lui donner tout le relief nécessaire à sa démarcation. 
Le personnage de Pénelope apporte son lot de douceur et d'innocence dans un roman ou la ruse et la soif de vengeance sont maîtres. Son développement tout au long du roman est vraiment remarquable. Elle perd peu à peu son innocence et sa fragilité pour devenir un personnage féminin fort qui parvient à se sortir de plusieurs situations compromettantes pour une femme mariée de son époque. Sa douceur et sa détermination ont été très inspirantes pour la jeune fille désespérément romantique que je suis et elle m'a laissé une impression plus douce et plus forte de ce roman. 

      Je retiendrai de ma lecture l'atmosphère à la fois douce et pesante de la plupart des scènes Michael/Pénelope qui m'ont toutes transportées dans l'histoire compliquée des deux protagonistes. Leur relation et leur histoire commune est d'ailleurs un des points les plus positifs du roman, le questionnement des deux personnages et leur évolution est magnifiquement bien organisée et il est très facile de se laisser aller à ce roman. L'intrigue, bien que classique, est aussi un des points forts de l'ouvrage. La romance est construite sur une idée de vengeance assez brutale qui contraste avec les rêves romantiques et la confrontation est très intelligemment orchestrée, on est balancés d'une perception à l'autre tout en assistant aux retrouvailles toujours plus proches mais également toujours plus compliquées des deux parties. 
Cependant ce roman n'a pas que des qualités et un des défauts majeurs de ce premier tome est la nécessité de l'auteur de ramener plusieurs fois ses personnages au point de départ après qu'ils aient effectués une avancée non négligeable dans leur relation. J'ai quelques fois eu l'impression de voir Michael faire un pas en avant puis deux pas en arrière au cours de ma lecture et ces retours en arrière m'ont irritée sans pour autant complètement gâcher mon plaisir. Je tiens également à souligner la présence de scènes assez érotiques dans le roman, je comprend tout à fait le choix de l'auteur et la raison pour laquelle ces passages ont été intégrés au roman mais je fut assez surprise d'en découvrir dans une romance historique. 
Enfin, étant très émotive je n'ai pas pu m'empêcher de retenir quelques larmes à certains points du roman que je tiendrai secrets afin de ne pas vous gâcher le suspens du roman. Niveau émotion, la fin apporte aussi son lot de montagnes russes émotionnelles comme on aime en retrouver dans les classiques du genre. 

     Si Le Flambeur est aussi touchant et réussi, c'est surtout grâce à la plume de l'auteur que j'ai trouvée très addictive. Sarah MacLean n'en est pas à son coup d'essai avec ce premier tome et on sent bien sa maîtrise du genre notamment à travers sa manière de gérer le suspens et les émotions qui sont parfaitement dosés. Si j'ai été agréablement surprise par cette première lecture de romance historique c'est, je dois l'avouer, en grande partie grâce à la plume de l'auteure qui rend la lecture fluide et très plaisante. 

     Pour résumer, le premier tome du Cercle des Canailles est une très bonne romance historique qui réussi parfaitement à nous transporter dans l'Angleterre du XIXème siècle grâce à la plume légère mais marquante de Sarah MacLean ainsi que grâce à des personnages profonds et dont le développement est aussi important et intéressant que l'intrigue elle-même. 
Pour finir, je conseillerai ce roman à tous les fans de romances historiques habitués du genre mais aussi à ceux qui, comme moi, sont des novices du style et qui souhaiteraient s'initier au genre. Le Flambeur est un premier tome très prometteur qui nous laisse entrevoir de manière intelligente ce que sera la suite de la saga qui concernera d'autres personnages introduits dans ce tome et que j'ai hâte de connaître de manière plus approfondie. 
En bref, une très bonne lecture et une très bonne surprise.

Avez vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires ! 



Bonnes lectures ! xx.

samedi 7 janvier 2017

[BOOK HAUL #2] Décembre 2016


Les Book Haul sont des récapitulatifs de tout mes achats livresques du mois.

     Le mois de Décembre est, pour moi comme pour beaucoup d'entre vous, synonyme des fêtes de fins d'années et plus particulièrement de Noël. Comme vous le savez tous, Noël est une fête païenne qui compte, parmi ses nombreuses coutumes, que les amis et les membres d'une même famille s'offrent des cadeaux le jour du 25 Décembre. Vous apprendrez sans surprise que la majorité des cadeaux que j'ai reçu pour ce Noël sont des livres qui faisaient depuis quelques temps déjà partie de ma WishList. J'ai donc eu le plaisir de trouver au pied du sapin une grande quantité de romans et albums en tout genres que j'ai choisi de vous présenter dans ce Book Haul. Mais certains d'entre vous doivent se douter que je ne me suis pas contentée d'attendre sagement le 25 Décembre pour augmenter ma PAL et j'ai moi-même effectué quelques achats livresques de mon côté... 

Mick Jagger est l'une des grandes icônes rock de notre époque - extravagant, arrogant, inquiétant et fascinant - et pourtant il a juré de ne jamais écrire son autobiographie. Aujourd'hui, Christopher Andersen nous propose une biographie explosive après une enquête menée pendant plusieurs décennies auprès des amis de la star, de sa famille, des femmes de sa vie, des grands musiciens et magnats de l'industrie du disque. 
Tout y est dévoilé. Les exploits sexuels de Jagger avec ses milliers de conquêtes féminines et masculines. Son redoutable sens des affaires, qui lui a permis d'amasser une fortune dépassant les 400 millions de dollars. L'ampleur de son addiction aux drogues - cocaïne, LSD, haschich, amphétamines... Et, bien sûr, la relation étrange et ambivalente entre Mick Jagger et Keith Richards mais aussi les drames, les excès, la folie et le génie qui firent des Rolling Stones le plus grand groupe de Rock'n'Roll du Monde. 




On a starry night, Peter Pan and his fairy friend Tinker Bell fly with the three Darling children to Neverland, a magical place filled with mermaids, magic, and mischief. But Captain Hook and his band of pirates lurk nearby, plotting revenge against Peter and his happy band of lost boys...







Les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, ont été parqués dans des camps. Malgré l'attaque du gouvernement, Ruby, Liam, Cole et les autres rescapés n'ont pas renoncé à leur projet : libérer les jeunes Psis des camps et révéler enfin la vérité sur le fameux virus. Mais Ruby l'a déjà appris à ses dépens : elle ne peut faire confiance à personne. 




En près de cinquante ans de carrière David Bowie a composé 29 albums. Se jouant des formes et des genres, il a su habilement marier la pop et l'art, le théâtre et le rock, la mode et le cinéma, le son et son style. Un artiste hors normes !
Bowie, Les Années Studios célèbre le génie créatif de l'artiste, en retraçant l'ensemble de sa production studio, depuis son premier album éponyme en 1967, en passant par les classiques des années 1970 que furent The Rise And Fall Of Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Station To Station, Low et "Heroes", jusqu'aux petits bijoux que sont The Buddha Of Suburbia ou son ultime opus Blackstar, qui fut amplement salué par la critique.
Cet ouvrage, riche d'illustrations rares ou emblématiques signées des plus grands photographes, évoque la genèse et la réalisation de chacun des albums, les replaçant dans le contexte de leur impact social et musical. Albums live, singles, compilations, rien n'est oublié dans cet hommage à l'un des artistes majeurs de la fin du XXème siècle. 




Christine est belle, racée, séduisante. Elle aime les sensations fortes, les virées nocturnes, le Rock'n'Roll des années héroïques. Depuis qu'elle connait Arnie, elle est amoureuse. Signe particulier : Christine est une Plymouth "Fury", sortie en 1958 des ateliers automobiles de Detroit. Une seule rivale en travers de sa route : Leigh, la petite amie d'Arnie...







Après avoir tout perdu aux cartes, le jeune et naïf marquis de Bourne a juré de prendre sa revanche. Neuf ans plus tard, il a refait fortune et, à la tête d'un club, plume sans pitié les pauvres diables tenaillés par le démon du jeu. Toutefois, il n'a pas récupéré son domaine ancestral, Falconwell, dont son ex-voisin est désormais propriétaire. Lorsque celui-ci annonce que ces terres font partie de la dot de sa fille, Bourne décide, sans éprouver le moindre état d'âme, d'épouser Pénélope. Qu'elle le veuille ou non. Et pour ce faire, il n'hésite pas à la compromettre... bien qu'elle soit son amie d'enfance. 





Twelve days. We had twelve days. It was going to take more than finding the perfect tree. It was going to take a miracle. 
Dash and Lily have been dating for nearly a year, but when Lily's beloved grandfather fallsill, the repercussions take their toll on everyone. Even though they are still together, somehow the magic has gone out of their relationship and it's clear that Lily has fallen out of love with life.
Action must be taken ! Dash teams up with Lily's brother and a host of their friends, determined to get Lily's groove back in time for christmas. 







Cyrano aime Roxane, mais la belle en aime un autre, le beau mais fade Christian. Cyrano va donc écrire pour Christian en secret tout son amour pour Roxane, qui tombe amoureuse du visage mais aussi de la prose du jeune homme... Source





Darrow n'est pas un héros. Tout ce qu'il souhaite, c'est vivre heureux. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison d'être, ses certitudes, jusqu'à son reflet dans le miroir. 
Darrow n'a plus d'autre choix que de devenir comme ceux qui l'écrasent. Pour mieux les détruire. Accepté au légendaire institut, il va y être formé avec l'élite des Ors, dans un terrain d'entraînement grandeur nature.
Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé. 




Découvrez dans ce making-of comment le réalisateur David Yates, le producteur David Heyman et une talentueuse équipe de Non-Maj ont conjugué leurs talents pour porter à l'écran Les Animaux Fantastiques
Vous y ferez la connaissance du magizoologiste Norbert Dragonneau et explorerez les merveilles que sont le MACUSA (équivalent américain du Ministère de la Magie), le bar clandestin Le Cochon Aveugle (repaire de la pègre des sorciers), mais aussi les secrets magiques de la valise de Norbert et, bien sûr, les créatures fantastiques. 
Au cœur de la magie vous entraîne dans le New York des années 1920 : vous saurez tout sur les costumes, les baguettes magiques, les effets spéciaux, on vous y dévoilera qui possède la baguette magique faite de coquillages, quel célèbre sorcier est l'ami de Norbert, qui est Legilimens et quelle créature se retrouve au zoo !
Enrichi de photographies et d'anecdotes sur les coulisses du tournage - racontées par J.K Rowling, par David Yates, par le directeur artistique Stuart Craig, mais aussi par Eddie Redmayne et tous les acteurs - ce livre-compagnon est une introduction rêvée aux Animaux Fantastiques

Soyez aux premières loges pour découvrir les étapes du processus de réalisation qui a porté à l'écran le scénario de J.K Rowling. Explorez le royaume des créatures fantastiques qui hantent le monde des sorciers et découvrez le casting magique des personnages qui les pourchassent. Conçue par MinaLima -, La Valise des Créatures propose une expérience interactive enchanteresse qui vous fera entrer dans les secrets de la réalisation. Photos et illustrations du film, anecdotes de tournage, fac-similés d'accessoires, documents d'archives, révélations sur quelques effets très spéciaux, ce volume collector donne un aperçu unique de la réunion de talents qui a contribué à la magie des Animaux Fantastiques





"Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s'inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l'œil cette nuit, une de ses sœurs avait contracté une pneumonie, dieu sait comment. "La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m'emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D'après les rapports internes, il s'agit d'un suicide avéré. Tu as des doutes ?""






La séduction, la jeunesse, le pouvoir... Voilà des thèmes chers à Oscar Wilde, thèmes qu'il développe dans ses deux œuvres magistrales, Le Portrait de Dorian Gray et Salomé. La première a inspiré maints artistes en tous genres ; la seconde, pièce de théâtre écrite en Français puis traduite en Anglais, devait être interprétée à Londres par Sarah Bernhardt mais fut interdite. Comme l'ensemble de l'œuvre de Wilde, ces deux textes ont fait scandale dans la très puritaine société victorienne. 





Le guide visuel ultime de Rogue One : A Star Wars Story.

Ecrit par Pablo Hidalgo, expert renommé de l'univers Star Wars, en collaboration avec Lucasfilm, le guide visuel ultime de Rogue One réunit des fiches complètes des personnages du film, de nombreux visuels directement tirés du film, d'incroyables coupes transversales des véhicules de la galaxie et de nombreuses informations qui vous permettront de tout savoir sur l'univers de Rogue One : A Star Wars Story



vendredi 23 décembre 2016

[CHRONIQUE #6] La Passe-Miroir - Tome 1 : Les Fiancés de L'Hiver // Christelle Dabos

               Une aventure pleine de rebondissements dans un cadre imaginaire recherché                 




Auteur : Christelle Dabos ||
Date de parution : 2013 ||
Édition : Gallimard Jeunesse ||
Genre : Jeunesse | Fantasy ||
Pages : 519 ||
Prix : 18,00€ ||


"Résignée ? Pour être résignée, il faut accepter une situation, et pour accepter une situation, il faut comprendre le pourquoi du comment. Ophélie, elle, ne comprenait rien à rien. Quelques heures auparavant, elle ne se savait pas encore fiancée. Elle avait l'impression d'aller au-devant d'un précipice, de ne plus s'appartenir du tout. Quand elle risquait une pensée vers l'avenir, c'était l'inconnu à perte de vue. Abasourdie, incrédule, prise de vertiges, ça oui, elle l'était, comme un patient à qui l'on vient de diagnostiquer une maladie incurable. Mais elle n'était pas résignée. "





"Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel."



"On peut aimer d'un seul regard. D'ailleurs, on ne s'aime jamais si bien que quand on se connait fort mal."

     On ne compte plus le nombre de personnes qui ont lu et adoré le premier tome de La Passe-Miroir, que ce soit les bloggeurs, les youtubeurs ou même nos proches tout le monde semble avoir eu un énorme coup de cœur pour le premier roman de Christelle Dabos. Cependant si je suis une lectrice qui se laisse facilement emportée dans une histoire, j'ai tendance à mettre la barre trop haute pour les romans qui connaissent un succès fulgurant comme ce fut le cas pour Les Fiancés de L'Hiver. 
Ce roman était donc dans ma wish-list depuis un long moment et j'ai eu la surprise de le recevoir en cadeau à Noël dernier. Après quelques hésitations j'ai décidé de le garder pour le Cold Winter Challenge de cette année et ce livre constitue donc ma seconde lecture du challenge qui se terminera le 31 janvier 2017. 

     Christelle Dabos nous emmène, dans ce roman, dans un univers imaginaire très particulier. En effet le monde tel que nous le connaissons à été séparé en plusieurs fragments sur lesquels vivent différents clans plus ou moins éloignés ; chacun de ces clans dispose d'un pouvoir particulier partager par la plupart des membres. Nous suivons tout au long du roman le personnage d'Ophélie qui est une habitante de l'arche (un des fragments) d'Anima et qui a des pouvoirs de liseuse ce qui signifie qu'elle peut lire le passé des objets grâce au touché. Mais Ophélie à un autre particularité : elle peut traverser les miroirs et donc se déplacer d'un endroit à un autre grâce à eux. 
Très vite dans le roman, Ophélie se retrouve fiancée à un certain Thorn qui s'avère être un homme d'une très grande taille qui ne lui adresse pas le moindre regard ou le moindre mot. En plus d'être très réservé et peu éloquent, Thorn vit sur une autre arche que celle où à grandi Ophélie. Elle se retrouve donc condamnée à quitter sa famille et sa maison pour se rendre à la Citacielle qui se trouve être située au Nord et donc dans le grand froid. Ophélie va tenter de s'intégrer dans une société où les mœurs sont si particulières et où elle apprendra bien vite qu'elle ne peut se fier à personne. 

      Si les deux personnages du roman sont très particuliers et très éloignés de ce que l'on a l'habitude de retrouver dans la littérature jeunesse, ils n'en sont pas moins inintéressants. 
Je dois avouer avoir eu beaucoup de mal avec le personnage d'Ophélie et ce dès les premières pages du roman. La jeune fille est très réservée, cachée derrière une grosse écharpe et des grandes lunettes. On comprend bien vite qu'elle ne parle jamais ou que ses paroles sont quasiment inaudibles pour ceux à qui elle s'adresse. A ce manque d'éloquence évident s'ajoute son apparence physique qui n'est absolument pas soignée, la rendant aussi désirable qu'un amas de vêtements sales. J'ai vraiment déploré le fait qu'elle soit si négligée et qu'elle ne décide à aucun moment de faire des efforts ! Pour ce qui est de ce que l'auteur fait passer pour du courage avec le sacrifice d'Ophélie pour l'honneur de sa famille et son départ pour la Citacielle, j'ai de mon côté plus perçu ceci comme une résignation de sa part, malgré ce qu'essaie de nous faire croire l'auteur. Mais si le personnage d'Ophélie m'a profondément irrité tout au long de la première partie, j'ai clairement commencé à l'apprécier lors de la deuxième partie. Lorsqu'elle commence enfin à s'assumer et à se poser des questions sur ce qui l'entoure. C'est à partir de ce moment que son courage se révèle enfin et qu'elle devient plus intéressante. 
Si mon avis sur l'héroïne est plus que mitigé, celui que je porte sur Thorn est beaucoup plus homogène. En le rencontrant j'avais peur que son caractère s'avère être celui d'un homme froid qui finirait par tomber éperdument amoureux de sa fiancée avant de la protéger au péril de sa propre vie, mais je fut ravie de constater que ce ne fut en aucun cas ce qui s'est passé. Thorn est un homme qui n'est pas aussi attirant que les personnages masculins qu'on pourrait rencontrer dans la fantasy jeunesse actuelle. S'il n'est pas beau, je lui trouve personnellement un charme dévastateur. Son mutisme et ses manières peu conventionnelles sont les principales raisons de mon enthousiasme à propos des Fiancés de L'Hiver. Même s'il agit la plupart du temps de manière bourrue, il laisse parfois paraître un minimum d'égard vis-à-vis des autres personnages et c'est cette faiblesse imperceptible qui m'a plu chez lui. Néanmoins certains manques de réactions de sa part m'ont parfois irritée, j'aurais aimé quelques réactions plus authentiques de sa part. 
Je tenais également à m'arrêter sur les autres personnages du roman dans leur totalité, ils sont tous très intéressants avec leurs forces et leurs faiblesses et rendent l'histoire plus agréable à lire à partir du moment où ils sont introduits.

     Selon moi, le roman de Christelle Dabos compte deux défauts majeurs : le premier, dont nous avons parlé plus haut, est sans conteste le personnage d'Ophélie dans sa quasi totalité ; le second est, pour moi, la longueur présente à certains passages de l'histoire. Si j'ai bien apprécié ma lecture dans sa globalité j'ai plus d'une fois songé à l'abandonner notamment au début du récit. L'histoire prenait trop longtemps à se mettre en place et les introspections d'Ophélie étaient bien trop présentes sans pour autant être nécessaires à la compréhension de l'histoire ou de son personnage. Le voyage entre Anima et la Citacielle dure, par exemple, plusieurs chapitres et semble durer des mois alors qu'il ne s'y déroule rien de bien important. Je pourrais sans doute continuer à citer des exemples de longueurs comme celle-ci pendant de longues lignes mais je préfère retenir les points positifs de ce premier tome. 
L'atmosphère qui règne à la Citacielle est un de ces points positifs qui font du roman une perle de la littérature jeunesse et c'est une des choses qui 'a permis de comprendre la raison pour laquelle tout le monde semble avoir adoré le roman. Si en apparence la Citacielle semble être un lieu de dorures et de richesses ce n'est en réalité qu'une grande illusions dans laquelle tout le monde se complait. Et cette double vision de l'Arche est valable pour le décor mais aussi pour ceux qui y évoluent. Ophélie, dans sa quête de la vérité se retrouve vite en face d'une vérité selon laquelle si tout le monde agit de manière sympathique et avenante envers tout le monde ce n'est en vérité qu'une façade camouflant la méchanceté et la soif du pouvoir qui les ronge au plus profond de leur âme. 
En ce qui concerne l'idée d'ajouter des pouvoirs spécifiques aux différents groupe auxquels appartiennent les personnages j'ai été plus que convaincue. Chaque personnage a conscience de ses pouvoirs et n'hésite pas à s'en servir même si cela peut blesser les personnes sur lesquelles ils en font usage. C'est une idée brillante qui ajoute de la crédibilité à ce monde imaginaire parfaitement dépeint par Christelle Dabos.
Je ne peux décemment pas faire cette critique sans parler de la fin de ce premier tome. J'ai été tenue en haleine quant à l'issue de ce premier tome tout au long de la deuxième partie du roman, allant de révélations en retournements de situations pour arriver à... Une déception. Cette fin est clairement une déception en ce qui me concerne. Certes elle me donne envie de connaître la suite des aventures de Thorn et Ophélie mais elle me laisse perplexe car elle ne pose pas de question supplémentaire que je voudrais voir résolue dans le second tome.

     Je ne m'attarderais pas sur l'écriture de Christelle Dabos que j'ai trouvé très bonne sans être renversante, elle m'a cependant transportée dans ses descriptions qui ont su stimuler mon imagination d'une manière particulièrement active. Je me plongerais dans ses prochains romans avec grand plaisir car sa manière d'écrire rend la lecture très agréable et fluide. 
J'ai également beaucoup apprécié son univers et sa manière de développer les personnages (à l'exception d'Ophélie) qui dévoilent leur histoire personnelle au moment parfait sans vraiment gêner le déroulement du récit. 

     Les Fiancés de L'Hiver est un premier roman prometteur qui a son lot de défauts plus ou moins importants. Je pense qu'il est nécessaire de rester indulgent avec l'auteur qui n'en est qu'à son premier essai, et quel essai ! J'ai été convaincue par la quasi totalité des personnages qui sont très intrigants en dehors d'Ophélie qui m'a irrité toute la première partie du roman comme je l'explique plus haut. J'ai hâte de retourner à la Citacielle qui est une merveille d'univers imaginaire dans le second tome en espérant qu'il me convaincra encore plus que le premier n'a su le faire. 
Si vous recherchez une lecture fantasy tout en restant dans la légèreté d'un roman jeunesse, Les Fiancés de L'Hiver est fait pour vous. Il vous transportera vers un univers imaginaire convainquant plein de détails et de complots qui vous tiendrons en haleine. J'ai de mon côté bien aimé ma lecture même si je n'ai pas eu le coup de cœur auquel je m'attendais. 

Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !


Bonnes lectures ! xx.

jeudi 22 décembre 2016

[CHRONIQUE #5] Le Bonheur au Pied du Sapin // Holly Jacobs

                                      Une romance hivernale au rythme des fêtes de Noël                                     




Auteur : Holly Jacobs ||
Date de parution : 2014 ||
Édition : Harlequin ||
Genre : Romance ||
Pages : 346 ||
Prix : 7,90€ ||




"Maeve leva la tête vers la broderie de Mme Anderson.
Non, elle ne pouvait pas sauver le monde, mais elle allait se démener pour aider cette famille."








"Prénom : Maeve. Profession : Ange gardien.
'Je ne peux pas sauver le monde, mais je peux essayer.' Telle est la devise de Maeve. Alors forcément, lorsqu'une terrible tempête de neige amène à Valley Ridge une famille en détresse, elle n'hésite pas à lui offrir l'hospitalité. Déjà, elle n'a plus qu'une idée en tête : aider les Myers à se loger dans une jolie maison remplie d'amour... avant Noël ! Hélas, si tout le monde dans la petite ville lui propose de l'aide, Maeve se heurte vite à Aaron Holder. Aaron, son nouveau voisin qui, non content de compromettre ses plans, ne semble absolument pas prêt à se laisser gagner par l'esprit de Noël..."



"Elle [Maeve] ne put s'empêcher d'éprouver un pincement au coeur de jalousie en observant Lily et Sebastian qui tournoyaient, tendrement enlacés. Non qu'ils ne méritent pas ce bonheur, loin d'elle l'idée de le penser, mais elle brûlait d'impatience de trouver l'homme qui l'aimerait autant que Sebastian aimait Lily.
Et à cet instant, elle doutait de le rencontrer un jour..."


     Ce roman est le premier que j'ai choisi de lire dans le cadre du challenge Cold Winter, bien que j'ai choisi de me tourner vers le menu "Montagne Enneigée", je souhaitait intégrer à mes lectures une des nombreuses romances de Noël qui sont des incontournables de la saison. Je suis tombée par hasard sur ce roman en faisant mes courses et ait décidé de lui donner sa chance bien que la romance ne soit absolument pas ma tasse de thé en temps normal. Le Bonheur au Pied du Sapin semblait se démarquer des romances trop idéalisées où évoluent des héroïnes romantiques au possible qui s'amourachent d'un homme antipathique qui s'avère être en vérité un homme gentil et pleins de qualités et c'est ce qui m'a décidée à l'acheter. 
Le pari était donc risqué pour cette lecture car je ne suis pas du tout friande du genre romance lui préférant des genres beaucoup plus sombres comme les romans d'horreur ou les thriller mais, comme on ne cesse de le répéter dans les téléfilms de Noël : les miracles de Noël existent !

     Le roman de Holly Jacobs prend place dans une petite ville des États-Unis où tout le monde se connait depuis l'enfance et où la vie privée est étalée au grand jour qu'on le veuille ou non. Josie et Boyd Myers ainsi que leur fils Carl font route vers le Dakota du Nord quand ils sont surpris par une tempête de neige qui les oblige à s'arrêter. Ils atterrissent donc dans la petite bourgade de Valley Ridge et y font très vite la connaissance de Maeve qui les rend sous son aile et promet de les aider aussi longtemps qu'ils resteront en ville. Maeve est une jeune femme à la chevelure rousse flamboyante qui est en charge de la bibliothèque du village. Rapidement, l'idée d'offrir à cette famille une maison pour Noël émerge dans la tête de la jeune femme et elle décide de racheter une vieille maison abandonnée mitoyenne au magasin général de Valley Ridge qui est provisoirement géré par le neveu du propriétaire, Aaron, parti en vacances pour les fêtes. Entre Maeve et Aaron va naître une relation à mi-chemin entre l'amitié et l'antipathie. Mais comme chacun le sais, Noël apporte toujours son lot de surprises..!


     J'étais très effrayée à l'idée de rencontrer, en ouvrant le livre, une héroïne naïve qui adore Noël au point de connaître chaque chanson de la saison par cœur et qui ne vit littéralement que pour cette saison mais je dois avouer que je fut agréablement surprise lorsque je fit la rencontre de Maeve. Le personnage principal de Le Bonheur au Pied du Sapin m'a autant conquise qu'un personnage de romance pouvait le faire : c'est une jeune femme pleine de courage qui traine un passé comprenant quelques zones d'ombres qui nous permettent de comprendre ses agissements au fil du roman. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle ne soit pas tout à fait naïve et qu'elle ait une connaissance suffisante de la vie pour ne pas penser que le premier homme à croiser son regard sera son prince charmant. Sa volonté de fer et son enthousiasme à l'idée de venir en aide aux autres m'a réchauffé le cœur en cette période de froid et je ne fut que plus attendrie en lisant son goût pour la lecture et sa manière passionnée d'en parler. 
Si j'ai apprécié le personnage de Maeve je ne peux pas en dire la même chose d'Aaron. Son personnage m'a transportée au-delà de ce que j'ai pu traverser avec Maeve. Je l'ai plus qu'adoré ! Sa sensibilité et sa gaucherie, ses défauts et ses nombreuses erreurs m'ont énormément plus car ils cassaient une fois de plus les codes trop utilisés de la Romance. Loin du garçon mystérieux et de la caricature du bad-boy qui déteste Noël qu'on retrouve dans chaque film et roman de Noël il ne demande qu'à être soigné de ses maux et à comprendre ce personnage si singulier qu'est Maeve. De plus, Aaron n'a pas grandit à Valley Ridge et n'en comprend donc pas toujours les codes ce qui nous permet, en tant que lecteur de percer à jour avec lui les choses qui font cette ville. 

     Cependant si le roman dépeint des personnages travaillés et une histoire mignonne, on ne peut que constater sa prévisibilité. Dès les premiers chapitres on connait déjà la fin inévitable qui sera forcément, comme toujours, heureuse ! Loin de moi l'envie de voir une histoire de Noël qui se termine mal mais j'aurais plus apprécié ma lecture si celle-ci n'avait pas été aussi prévisible, si les personnages avaient traversés des péripéties qui m'aurait vraiment fait douter de l'issue du roman. Ce qui me plut particulièrement dans le roman fut l'ambiance générale de cette petite ville qui semble coupée du monde extérieur et qui évolue loin de la folie des grandes villes. La neige omniprésente lors du roman apporte cette magie de Noël que je recherchais en lisant Le Bonheur au Pied du Sapin et les constantes allusions aux contes de Noël que nous connaissons pour la plupart depuis notre enfance est un petit plus que j'ai également apprécié. 
Quand au retournement de situation qui est censé apporter sa dose de suspens à l'histoire, je la qualifierai simplement de distrayante. Il faudrait vraiment être un lecteur novice en histoires de Noël et en romances en général pour ne pas se douter du lourd secret que cache l'un des personnages et qui est percé à jour vers la fin du roman. 
La fin, bien que prévisible, est tout de même agréable, comme l'ensemble du roman. On apprécie, malgré l'impression de déjà-vu le réconfort que nous apporte une lecture aussi légère en ces temps de fête et de bonheur général. 

     Je n'ai pas de point important à souligner à propos de la plume de l'auteur. Holly Jacobs est une auteure américaine qui a écrit cinq romans (tous classés Romance) et qui est sans doute diplômée de l'école d'écriture américaine qui forme les futurs auteurs en leur apprenant comment développer les personnages et leur histoire personnelle, comment instaurer un retournement de situation et toute ces choses qui font d'un roman un parfait page-turner. Sa plume est très légère et se lit presque sans qu'on soit réellement conscient qu'on est en train de lire un roman. C'est une auteure Harlequin dans ce qu'il y a de plus classique : avec son lot de qualités et de défauts mais qui réussit à sortir de son imagination des histoires qui nous rendent complétement accro et qu'on ne lâche pas avant d'avoir finie. 
J'ai été cependant particulièrement touchée par la façon dont Holly Jacobs a réussi à retranscrire les émotions ressentie par les personnages : de manière juste et vraie. Et ce fut le cas tout au long de ma lecture ce qui constitua une autre bonne surprise que m'avait réservée la romance. 

     Le Bonheur au Pied du Sapin est une très bonne lecture si vous recherchez une romance légère dans le thème de Noël sans trop basculer dans le cliché de la jeune femme qui adore Noël et rencontre un homme qui lui déteste cette fête. Comme je l'ai souligné plus haut je ne suis pas une fan du genre romance et j'en lis très peu, cependant je me suis laissée prendre au jeu avec ce roman et je fut agréablement surprise sur certains points. Les personnages sont la principale raison de mon enthousiasme tant leur développement et leur originalité m'a convaincue. 
Même si la romance de Holly Jacobs ne fut pas un coup de cœur pour moi je vous le conseille vivement si, comme moi, vous êtes allergiques aux romances contemporaines un peu trop romantique mais que vous souhaitez vous faire plaisir en cette période de fêtes. Une lecture agréable. 

Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires ! 



Bonnes lectures ! xx.

mercredi 21 décembre 2016

[CHRONIQUE #4] Belle // Robin McKinley

                                      Une réécriture de conte magique à la sauce fantasy                                      




Auteur : Robin McKinley ||
Date de parution : 1978 ||
Édition : Mnémos
Genre : Conte | Fantasy ||
Pages : 237 ||
Prix : 17€ ||





"En dépit de ma culture, j'avais toujours vécu à la ville, et j'imaginais le Nord comme une terre peuplée de lutins et de sorciers qui parcouraient la campagne en marmonnant des incantations magiques."





"Belle était loin d'être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné,elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d'une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s'acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l'histoire d'un château magique et de la terrible promesse qu'il avait du faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : 'Belle, voulez-vous... ?' Ceci est son histoire... Une histoire d'amour et de rêve."



"Environ quinze jours après mon arrivée, je me réveillai un matin et vis que le soleil paraissait bien pâle à travers ma fenêtre. Je me levai et constatai q'une pluie fine, mais persistante, tombait. Les jardins scintillaient comme des joyaux sous l'eau, et je me dis que j'avais sous les yeux une vision extraordinaire de ce qui pouvait être une cité de sirènes, sous la surface limpide d'un grand lac mystérieux."

    La Belle et la Bête est incontestablement mon Disney et mon conte favoris de tous les temps. J'ai une relation toute particulière avec l'héroïne principale : Belle qui, depuis mon plus jeune âge, a été en quelque sorte mon modèle notamment à cause de sa passion pour la lecture mais aussi pour son courage à toute épreuve. Aussi lorsque j'ai entendu Margaud Liseuse présenter cette réécriture qui paraissait l'avoir tant transportée je n'ai pas patienté longtemps avant de me procurer le roman. Et c'est au premières lueurs de la saison de Noël, alors que les rues commençaient à briller aux lueurs des lumières multicolores si caractéristiques de la période que j'ai choisi de sortir le roman de ma PAL. 
Je dois également souligner que Belle de Robin McKinley est la première réécriture de conte que je lis depuis de nombreuses années, n'ayant toujours pas commencé les Chroniques Lunaires de Marissa Meyer. Aussi mon avis ne sera-t-il pas aussi objectif que celui d'habitués du genre. 

     Dans le roman de Robin Mckinley nous retrouvons Belle, qui est la benjamine d'une fratrie de trois et qui vit avec son père et ses deux sœurs dans une demeure riche située en bord de mer. Belle est la plus petite et la moins jolie des trois filles. Et, bien qu'elle soit issue d'une famille qui a tout à fait sa place dans les grands bals de la région et les somptueuses réceptions elle préfère largement sa culture et ses livres aux fêtes données par ses voisins. Mais cette existence dorée ne dure qu'un temps, très vite dans le roman le père de Belle se retrouve ruiné et la famille est condamnée à déménager dans une maisonnette beaucoup plus rustique que celle où ils avaient longtemps vécus. Bien vite, la région dans laquelle sont installés Belle et sa famille s'avère regorger de secrets et de légendes à propos de fées et de créatures magiques qui vivraient dans la forêt. 
Alors qu'il revient d'un voyage éprouvant, le père de Belle rapporte à sa fille une magnifique rose rouge qu'il affirme avoir rapporté d'un château enchanté où il est condamné à retourner et dont le maitre n'est autre qu'une Bête affreuse. Belle se sacrifie alors au profit de son pauvre père et ainsi commence l'histoire qui liera la Belle et la Bête. 

    Comme je l'ai dit plus haut, je suis très attachée au personnage de Belle aussi j'avais beaucoup d'attentes la concernant en entament le roman de Robin McKinley. Je ne peux pas affirmer avoir été déçue par Belle car elle reprend tous les codes classiques de la personnalité de la jeune héroïne : sa passion pour la lecture, son courage légendaire, sa gentillesse et sa bonté. Ces critères étaient bien sur nécessaires au bon déroulement de l'histoire car c'est grâce à cet altruisme que Belle s'ouvre à la Bête pour découvrir qu'il n'était peut-être pas aussi affreux qu'il en a l'air. Néanmoins il y a une chose qui m'a dérangée chez Belle : c'est sa description physique. L'auteure à fait dans cette réécriture le choix d'enlaidir Belle, celle-ci à en effet dans le roman un teint grisâtre, des yeux communs et des cheveux ternes. Sans oublier les boutons qui lui recouvrent le visage la rendant moins jolie encore que ce qu'elle aurait pu être. De plus, l'héroïne manque cruellement de confiance en elle à ce sujet et ne manque pas une occasion de relever le fait qu'elle ne soit pas jolie à son entourage. J'ai donc trouvé le personnage de Belle très réussi mentalement mais je déplore quelque peu le choix de l'auteure quant à son apparence physique. 
J'ai cependant adoré le personnage de la Bête qui est représenté à la perfection tout au long du roman. On sent sa dureté de caractère forgée, sans doute, par les très nombreuses années qu'il a passé enfermé seul dans son château enchanté à contempler un paysage qui ne changeait jamais et à n'avoir pour seule compagnie que des domestiques invisibles qui parlent une langue inconnue qu'il a du apprendre par lui-même. Mais si son mauvais caractère est la facette de sa personnalité qui nous est présentée en premier temps on découvre au fil des pages une Bête sensible qui ne demande qu'à être compris et apprécié plutôt que fuie. Les costumes majestueux qui étaient décrits au fil des chapitres m'ont parus tous plus beaux les uns que les autres soulignant le côté princier de cette Bête humanisée. J'ai donc énormément apprécié la manière dont l'auteure a choisi de le représenter physiquement également. 

     Si j'ai eu quelques soucis avec certains aspects du personnage de Belle, j'ai tout de même parfaitement retrouvé l'atmosphère à la fois inquiétante et magique du conte de Perrault dans cette réécriture. J'ai particulièrement apprécié le côté fantasy de l'histoire avec les jardins du château et la manière dont l'auteure les a utilisés afin de permettre au lecteur de comprendre la notion du temps et des saisons dans l'univers enchanté de la Bête. Les décors étaient également très travaillés par des descriptions détaillées mais suffisamment courte pour ne pas finir par être ennuyantes et la manière dont ils étaient présentés m'a rappelé l'adaptation de Jean Cocteau que j'affectionne particulièrement.
La relation qui se noue entre la Belle et la Bête au fil des pages apporte aussi le lot d'émotion qu'on attend d'elle. Si on comprend aisément la position de réserve de Belle face à cette Bête qui ne semble avoir rien d'humain, on ne peut s'empêcher d'être intrigué par le personnage de la Bête qui paraît cacher de nombreux secrets.
La fin du roman m'a quelque peu laissée sur ma faim, j'espérais secrètement en découvrir un peu plus sur "l'après transformation" mais l'auteure a choisi de laisser à l'imagination du lecteur le loisir d'imaginer ce que pourrait être la suite de ce roman et de ce conte légendaire. 

     Il y a dans la plume de Robin McKinley quelque chose qui transforme chaque situation apriori banale en quelque chose de somptueux, c'est exactement ce qui s'est produit dans le roman. L'histoire de cette jeune fille rêveuse qui se sacrifie et part vivre dans le château d'une Bête dont elle ne connait rien devient à la fois une grande aventure dans un château qui ferait pâlir Louis XIV de jalousie et en histoire d'amour pouvant rivaliser avec le romantisme de Roméo et Juliette. 
Sa manière d'écrire vous enveloppe peu importe la situation dans laquelle vous vous trouvez, vous serez comme happé dans l'aventure de Belle et concernée par ses interrogations comme si elle émanaient de votre cerveau. 
J'ai donc, vous l'aurez compris, adoré la plume de Robin McKinley et la traduction de grande qualité qui en était faite. Je me replongerais sans doute très vite dans un autre de ses romans. 

     Pour résumer brièvement mon avis à propos de cette réécriture je dirais simplement que j'ai été transportée du début  la fin par la plume de l'auteur et les personnages de qualité qui y sont dépeints malgré un petit bémol concernant Belle. Je vous conseille vivement ce roman si vous êtes comme moi fan de l'univers si particulier qui règne dans le château de la Bête et de la relation qui se construit entre les deux personnages principaux. 
Si vous êtes à la recherche d'une réécriture de qualité du conte de la Belle et la Bête qui modifie certains aspects de l'histoire sans pour autant la dénaturer, Belle est fait pour vous. Pour moi ce fut incontestablement un coup de cœur que je relirais certainement avec les mêmes étoiles dans les yeux.

Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires ! 


Bonnes lectures ! xx.

lundi 19 décembre 2016

[CHRONIQUE #3] Le Nazi et le Psychiatre // Jack El-Hai

                               Une approche psychologique des hauts-fonctionnaires nazi                                




Auteur : Jack El-Hai ||
Date de parution : 18 Novembre 2013 ||
Édition : Pocket ||
Genre : Essai | Historique ||
Pages : 361
Prix : 7.80€ ||



"'Hitler était tout aussi normal, sous toutes ses facettes, que n'importe quel homme normal', avait confié Göring à Kelley. Un constat en soi assez effrayant."






Ils n'étaient pas des monstres, mais bien des hommes. Ils n'étaient pas atteints de démence, ils ont perpétré l'horreur en toute conscience. Pour être jugés lors du procès de Nuremberg, ils devaient d'abord être déclarés saints d'esprit. Cette analyse revient à Douglas Kellez, jeune psychiatre américain. Parmi les hauts dignitaires nazis, il va longuement s'entretenir avec Hermann Göring. Bien plus longtemps que ne lui impose sa mission. Le mal a cela de terrible qu'il fascine. Et y noyer son regard, c'est lui ouvrir la porte... L'historien Jack El-Hai s'est plongé dans les archives de ces analyses et entrevues. Une descente captivante dans les abîmes de l'humanité.


"Il [Kelley] a l'impression d'avoir affaire aux différents directeurs d'une grande entreprise, orphelins de leur PDG unanimement regretté, un certain Adolf Hitler. Une sorte de clique qualifiée par Kelley de "groupe cerveau", composée, autrement dit, des individus qui avaient façonnée l'idéologie et la politique nazies."




    J'ai plus ou moins longtemps hésité avant de me lancer dans l'écriture de cette chronique, le livre dont il est question étant un essai historique, mon mode de réflexion et d'écriture sur le sujet doivent inévitablement être modifiés pour coller au mieux au genre de cet œuvre. Mais j'ai finalement décidé de vous proposer mon avis, aussi imparfait puisse-t-il être. 
J'avais repéré Le Nazi et le Psychiatre il y a maintenant plus d'un an un jour que je trainais sans grande conviction dans les rayons de la Fnac, il avait attiré mon attention et je l'avais tout simplement ajouté à ma Wish-list. Le livre m'a donc été offert pour mon anniversaire et je dois avouer que je suis moi-même étonnée de l'avoir fait sortir aussi vite de ma PAL mais je n'en suis pas moins heureuse.
Ce qui m'avait attirée dans cet essai était tout d'abord le sujet qui était traité, certains d'entre vous le savent peut-être : je suis étudiante en deuxième année de psychologie, autant dire donc que le sujet me touche particulièrement. De plus l'idée de découvrir, tout en plongeant dans la relation spéciale entre le patient et le psychiatre, le fonctionnement moral de personnalités qui ont fait le nazisme m'enchantait plus que je ne saurais le dire.

    Douglas Kelley est un jeune psychiatre américain fraichement diplômé très ambitieux qui voit dans la proposition qui lui est faite de devenir le psychiatre des hauts dignitaires nazis comme un moyen de le propulser au sommet de sa carrière de psychiatre. Il accepte donc le statut de psychiatre des accusés de Nuremberg et se donne comme mission de découvrir s'il existe clairement de "syndrome nazi". Une sorte de maladie mentale commune aux accusés qui expliquerait l'idéologie qu'ils ont véhiculés pendant de longues années ainsi que les actes horribles qu'ils ont commandités durant leur temps au pouvoir. 
Parmi les nazis qui figurent sur le banc des accusés, Kelley va être particulièrement troublé par la personnalité de l'un d'eux. Hermann Göring, le bras droit d'Hitler qui est à l'origine de bien des horreurs commises par le IIIeme Reich dont la Nuit des longs couteaux, l'ouverture des premiers camps de concentration et l'élaboration des lois de Nuremberg pour ne citer que les plus marquants. La relation qui se noue entre les deux hommes est alors très inattendue quand on connait le passé de Göring. 

    Le personnage historique, bien que connu uniquement pour les atrocités qu'il a commises, de Hermann Göring est certainement une des figures présentées dans le livre les plus intéressante du point de vue psychologique, grâce aux longues heures que Kelley et lui ont passé ensemble on a accès à de très nombreuses entrevues retranscrites qui permettent d'essayer de comprendre le fonctionnement de cet homme qui s'est avéré être un monstre pour l'humanité. Ses agissements ne sont en aucun cas justifiables ou excusables cependant l'analyse qu'en a faite le psychiatre Douglas Kelley et la retranscription que nous propose Jack El-Hai permet de se renseigner sur la naissance du mal et de l'horreur. 
Si je n'ai pu que détester l'horrible personnage de Göring, j'ai largement apprécier Douglas Kelley. Je me suis largement reconnue dans son caractère et me suis donc beaucoup identifiée à lui tout au long de l'ouvrage. Sa personnalité ambitieuse et l'obsession qu'il développe tout au long du déroulement de l'histoire pour ces hommes politiques nazis et sa volonté sans faille de comprendre leur fonctionnement psychologique afin de mieux informer ses confrères et le reste de la population sur ce qui cause le basculement dans l'extrémisme d'une population entière m'a bluffée. J'ai réellement apprécier toute les facettes de sa personnalités.

     J'avais peur, en commençant le Nazi et le Psychiatre, de me plonger dans un essai historique bourré de termes techniques ou de rapports psychiatriques dénoués d'explications qui auraient pu le rendre accessible au grand public, cependant je fut surprise de constater que ce fut complétement l'inverse qui se produisit au fil de ma lecture. Les situations étaient clairement expliquées afin d'être comprises par le plus grand nombre et elle permettait de rendre le livre accessible à tous les fans d'histoires ou les avides de savoir qui souhaitaient en apprendre un peu plus sur la psychologie des dirigeants nazis. Les termes psychologiques sont également bien définis au fur et à mesure de leurs apparitions dans le rapport de Kelley ce qui évite au lecteur de devoir stopper sa lecture afin de chercher la définition d'une névrose hystérique ou autre psychose. 
L'autre énorme point positif de cet essai est sans doute la plume de Jack El-Hai, sa manière de rédiger et de présenter les faits relève plus de l'écriture de roman que d'écrit historique voire scientifique. Au fur et à mesure des pages on se croirait plus dans un roman historique comme les très excellentes trilogie de Ken Follet que dans un essai relatant des faits qui se sont réellement déroulés. Cette plume permet d'autant plus au lecteur de se plonger dans le récit du psychiatre.
La présentation du passé puis du futur de chacun des deux protagonistes principaux offre également au lecteur de percevoir au mieux la profondeur de leurs caractère et renforce également le côté roman de l'essai. Ainsi on suit le psychiatre dans la montée de sa carrière après son travail avec les accusés de Nuremberg. On accompagne également Göring tout au long du célèbre procès et après la sentence qui lui est infligée pour ses crimes abominables. 

     Pour finir je dirais simplement que la lecture de Le Nazi et le Psychiatre m'a apporté beaucoup de réponses par rapport aux criminels nazis et à leur fonctionnement psychologique pas si différent du notre. Le récit mêle psychologie et histoire et je le conseille vivement aux passionnés du sujet comme aux lycéens qui passeront cet été le bac car il y a dans cet essai beaucoup d'anecdotes qui leur permettront d'impressionner leur correcteur. 
J'ai passé un bon moment avec ce livre et je ne peux que vous inciter à le lire car il offre, en plus d'un voyage au cœur du fonctionnement psychique des Hommes, une belle leçon sur l'importance de rester vigilant face aux mouvements extrémistes qui pourraient naître dans notre société. 
En bref, une lecture très intéressante. 


Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !



Bonnes lectures xx.